Ces temps-ci, tout le monde n’a plus que ce mot à la bouche : “Pinterest”, le nouveau réseau social à la mode, celui dont il faut être, même s’il ne nous correspond pas. C’est hype et, à en lire certains, avoir son Pinterest reviendrait presque à posséder une carte du Silencio.

Mais, finalement, c’est quoi, Pinterest, à part (encore) un autre réseau social ? Pinterest, c’est un peu le tableau de liège sur lequel on épingle nos trouvailles : coupures de magazine, photos perso, cartes postales reçues, cartes de visite de lieux sympas… Le pêle-mêle 2.0, en somme. A la manière d’un site de curation, Pinterest permet d’épingler tout ce qu’on trouve sur le web pourvu qu’il y ait une image. Et oui, parce que la valeur ajoutée de Pinterest, c’est son côté visuel alors que d’autres ne sont que de simples bookmarks.

De fait, les articles consacrés à ce tableau virtuel ne tarissent pas d’éloges, se suivent, se ressemblent, tous prônant l’inévitabilité de Pinterest. La preuve : des marques américaines comme Urban Outfitters y sont et l’utilisent à bon escient.

La condition est lâchée : “à bon escient”.

Parce que oui, Pinterest peut être un outil prodigieux, mais non, il ne s’adresse pas à tout le monde. Comme Facebook. Comme Twitter. Comme tous les réseaux sociaux. Le mal du siècle est bien l’accumulation de comptes sociaux qui ne servent à rien (ou presque). Tout le monde veut être présent sur le web, truster les conversations, générer du partage et, par conséquent, du trafic. Tout le monde veut ses quarts d’heure de gloire – la multiplication des quarts d’heure étant supposée découler de la mise à jour régulière de statuts et informations propres à déclencher du buzz en pagaille – et se disperse en espérant qu’au milieu de tout ce méli-mélo il y a bien quelque chose qui finira par payer.

Erreur fatale, ô combien souvent décriée par les spécialistes du social media. On ne se lance pas à l’aveuglette, juste pour faire comme le voisin. Si la démarche a fonctionné à côté, il n’est pas dit qu’elle sera reproductible à l’infini. Une idée novatrice ne le sera qu’une fois, et si on peut s’inspirer d’exemples positifs, il est déplorable qu’on ne prenne pas le temps de regarder les échecs pour éviter les mêmes écueils.

Il en va de même pour l’utilisation de Pinterest. Si l’intérêt est évident pour une marque de prêt-à-porter, de design ou encore une agence de voyages, qu’en est-il pour le domaine pharmaceutique, immobilier, d’outillage..? Les leviers peuvent être trouvés, mais avoir son Pinterest ne doit pas devenir une règle, au risque de passer beaucoup de temps à faire vivre un réseau ne comportant que peu d’interlocuteurs.

Alors, Pinterest, oui, mais avec modération.

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