Il y a eu le début de l’été (même si on ne l’a pas bien senti passer), et puis il y a eu les vacances. Des vacances sans travail à emporter dans mes valises (pour une fois) et donc sans veille active sur les réseaux : tweeter, retweeter, publier, partager… autant de mots qui n’ont plus eu de sens une fois à l’autre bout du monde. Et puis il y a eu la rentrée, sans emploi, la rentrée. Alors, les bonnes habitudes des vacances ont perduré : out Twitter, au placard Pinterest, il n’y a que Facebook qui ait survécu, mais en mode loisir.

Comment passe-t-on d’une vie ultra-connectée, vissée à un smartphone, à une vie dépouillée de réseaux sociaux ? Est-il encore possible, en 2012, de s’affranchir des big brothers auxquels on s’adonne joyeusement, leur livrant nos moindres faits et gestes ? Comment un digital native peut-il vivre hors de la Toile ?

Voilà des questions pertinentes pour qui travaille à des stratégies social media à longueur de journée. En effet, la désintox est-elle encore envisageable à l’heure où j’écris ces mots ? Car essayez, pour voir, de poser la question à des community managers dans votre entourage. La réponse fusera, unanime : non ! Pour celles et ceux qui ont un clavier au bout des doigts, pas question de quitter la Toile, ne serait-ce que pour quelques jours. Leur vie online est le pendant de leur vie réelle et l’une n’est pas concevable sans l’autre.

Pourtant…

Pourtant, malgré un certain doute, c’est possible. Tout est possible. Se passer de l’ultra-connexion, publications sur plusieurs blogs, comptes Facebook, Twitter et Pinterest, curation via Pearltrees et consorts, n’est pas insurmontable. C’est même rafraîchissant.

Débuter l’expérience à l’autre bout du monde peut être facilitateur : plus d’obligations, des millions de choses à faire sans avoir à tout moment une connexion disponible et la nature fait son œuvre, reprend ses droits : on remplace les articles de blog par des châteaux de sable, on visite des ruines plutôt que des sites, on ose même prendre des photos qu’on ne publiera pas sur Instagram, parce que, finalement, ce serait trop dur pour ceux qui n’ont que leur écran pour rêver…

Oui, mais alors, me direz-vous, le retour à la civilisation n’entraîne-t-il pas un revival web d’autant plus fort ? Pas forcément. Car, finalement, l’addiction n’est pas si forte qu’on le pense. Redécouvrir le plaisir d’ouvrir les yeux sans tout shooter pour partage immédiat, se laisser aller à ne pas commenter chaque action – que n’ai-je subi les reproches de réfractaires ne comprenant pas le principe de Foursquare – bref : se laisser vivre en live.

Au final, on y revient, aux réseaux. Presque par acquis de conscience : pourquoi avoir investi tant de temps pour se forger une e-réputation béton si c’est pour tout abandonner au premier coucher de soleil rougeoyant venu ? Ne serait-ce pas gâcher tant d’efforts que de tout laisser en plan sans même une explication ? Alors oui, on recommence à publier, on scrute son écran à l’affût d’une information à partager sans attendre. Mais cela n’a plus la même saveur – surtout si on ne travaille plus pour les autres.

On se surprend à inventer une nouvelle approche, on prend du recul, on réapprend la vraie vie. Et peut-être qu’au fond, en ne voulant plus tomber dans un cercle chronophage du community management outrancier, de l’ultra-connexion permanente, on y gagne en sincérité et en humanisme. CQFD.

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